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Le petit journal n°2

vendredi 28 avril 2006

L’équipe de DEMAINS est heureuse de vous proposer ce numéro 2 du Petit Journal. S’il a tardé à paraître, ce n’est pas faute d’activités de l’association mais faute de temps. Tsunami, cyclones, inondations ou misère ordinaire, chaque fois, ce qui nous aide à supporter le malheur ou l’injustice, ce sont les relations humaines, c’est parce que dans la peine, d’autres se tiennent à nos côtés. Le formidable élan de solidarité après le Tsunami a montré ce besoin de générosité et d’entraide, à la fois du côté des riches et du côté des pauvres. Une certaine presse, cédant au pessimisme ambiant, a dit qu’avec tout l’argent donné, pas grand-chose n’avait été fait. C’est oublier que les choses prennent du temps, ailleurs comme ici ; les blessures ne guérissent pas instantanément. Cet été, dans les villages que nous avons aidés, tous les bateaux détruits ont été remplacés. Mais tout le monde n’a pas encore retrouvé un abri autre que provisoire. En soutenant nos correspondants, en Inde et en Amérique Latine, nous soutenons non seulement un projet matériel mais toute une éducation :
- à la solidarité : lors du cyclone en Andhra Pradesh, les grands de l’internat LITDS ont participé au déblaiement des villages inondés et aidé à la distribution de riz
- au débat : les projets de reconstruction et de développement à Chandrapadi sont discutés avec les bénéficiaires
- et à l’autonomie, comme en a témoigné Flora, responsable des micro-crédits à Cinco-Pinos.

La rencontre de Flora et Francisco de la CODER est aussi pour nous une raison d’être optimiste. Toute l’équipe a apprécié leur cordialité mais aussi leur culture dans les domaines qui sont les leurs, et leur intelligence ; intelligence qui permet à Francisco d’être à l’aise dans deux mondes, celui d’hier où on laboure « à la main » et celui d’aujourd’hui où il cadastre au GPS.

Nous souhaitons à tous, amis, correspondants, une bonne année 2006 et espérons que nous aurons le plaisir de continuer à collaborer ensemble cette année encore.

Françoise Lévesque

Our DEMAINS team is happy to offer you this second issue of the “ Petit Journal “. The fact that it was long in coming out is not due to lack of activities but to lack of time. Whenever tsunami, cyclones, floods or just ordinary poverty occur, what helps us to bear adversity or injustice, is human relations ; the presence of those who stand by us in days of sorrow. The huge surge of solidarity after the tsunami showed how much solidarity is needed by those who are rich as well as by those who are poor. A few newspapers gave way to pessimism and stated that much money had been given and not much had been done. They forgot that things take time, here and everywhere ; wounds do not heal instantaneously, Last summer, in the villages we aided, all wrecked boats had been replaced but not everyone had recovered a job or roof other than temporary. By supporting our correspondents, in India and in Latin America, we support not only a particular project but also an educational project promoting :
- solidarity : after the cyclone in Andhra Pradesh, the animators and volunteers of hostel and child labor camp joined the villagers to help them to clean the flooded villages and played a vital role in transporting and distributing the rice in the interior villages,
- debate : the rehabilitation and development projects in Chandrapadi are discussed with the villagers,
- and self help, as Flora told us, being in charge of the microcredits in Cinco Pinos.

The meeting with Flora and Francisco of CODER is also a reason for us to be optimistic. We all, appreciated their warmth but also their knowledge in the domains they are familiar with and their intelligence, an intelligence which enables Francisco to be at ease in two worlds, the world of yesterday where ploughing is manual and the present world where he uses GPS for cadastal plottings. We wish you all, friends and correspondents, all the best for 2006 and we hope we will have the pleasure of continuing our collaboration this coming year.


Impacts du Tsunami dans l’état du Tamil Nadu au sud de l’Inde

LES IMPACTS

- Capital social

La mer et le poisson, qui étaient la marque de l’identité sociale des pêcheurs, sont devenus pour eux symboles de panique. Les pêcheurs possédaient l’art de connaître le moment de la pêche suivant les saisons, les vents, les bancs de sable, les lieux où pêcher tels ou tels poissons, les courants, prévoir le temps simplement par le son des vagues, la lune etc. C’est « l’érosion de la sagesse indigène » : tout est remis en question pour eux, puisqu’ils n’ont pas su prévoir le tsunami. C’est comme si tout avait été anéanti par La VAGUE. La perte de leurs biens, les nombreux morts dans leur famille ou entourage, ont ôté toute confiance en eux, et même ils se sentent coupables de ce déchaînement des éléments naturels. Le stress causé a provoqué des traumatismes psychologiques et physiques sévères ; les hommes se sont mis à boire ; pas une famille n’a été épargnée. Leurs maisons et leur lieu de vie au bord de la mer ont disparu, ils se sont retrouvés dans la rue, puis dans des abris temporaires. Même s’ils ne sont pas loin de leurs villages, ce déplacement a créé un choc psychologique qui participe à leur perte d’identité. A cela s’ajoute la crainte que cette situation dure longtemps ou que les futures habitations ne soient pas autorisées au bord de l’eau. La distribution des secours (riz, vêtements, objets ménagers) a créé des conflits lorsqu’elle ne fut pas faite dans les règles. La répartition de subsides financiers n’a pas toujours été faite de façon équitable par certains panchayats (l’équivalent d’un conseil municipal), le mot corruption est clairement employé. Etre à la merci du gouvernement et des ONG, dépendre d’aides extérieures les rendent très vulnérables risquant de les conduire vers une perpétuelle dépendance. Durant le mois de mars il y eut de nombreux mariages pour les raisons suivantes : beaucoup d’enfants et de femmes sont morts, il faut repeupler la communauté des pêcheurs et avoir une femme pour les activités ménagères ! Il faut se marier pour toucher les secours promis par le gouvernement. Ainsi des jeunes filles âgées de 12 à 14 ans et des garçons âgés de 16 à 18 ans ont été mariés.

- Capital économique

Depuis que l’industrie de la pêche est arrêtée, ils ne peuvent plus demander des prêts. Le tsunami s’est abattu lors du meilleur moment de la pêche (janvier à mai), conduisant les familles à rester endettées, par manque de revenus. Les pêcheurs profitaient de cette saison pour arranger les mariages, rembourser leurs dettes, réparer leurs maisons etc. La pêche étant leur unique occupation et source de revenus, faute de bateaux et de filets les hommes inemployés dépensent leur seul argent dans l’alcool, dont la consommation a été triplée d’après une étude gouvernementale. Non seulement les maisons ont été détruites mais aussi tout ce qu’elles contenaient telles que la vaisselle, les habits, les objets usuels etc. Le revenu des femmes est très diminué car les femmes partaient vendre le poisson sur les marchés, en le portant sur leur tête. La pêche était la source de revenus des hommes, d’où leur détresse car ils doivent vivent avec une assistance en espèce et en nature. « Cash for work » « de l’argent en échange d’un travail » : des ONG emploient ces hommes pour nettoyer le rivage de tous les débris.

- Capital humain

La Perte de vies humaines : 75% des morts furent des enfants et des femmes. Les jeunes enfants ne purent s’échapper, leurs mamans étaient en train de vendre le poisson sur le marché ou en train d’attendre leurs maris sur la plage où la vague les a tuées. Les blessés se comptent plutôt dans la tranche d’âge des hommes de 45-60 ans car ils se sauvèrent en montant sur les toits des maisons ou aux arbres. Les étudiants gagnaient de l’argent en allant pêcher le week-end pour payer leurs études, ils sont à présent totalement démunis. Les orphelins ont subi un traumatisme psychologique sévère. Les personnes âgées, qui ont survécu, ont des problèmes physiques et sont aussi choquées. Elles n’ont pas de nourriture et l’inconfort des abris temporaires les met dans une situation très précaire. Les problèmes psychologiques Cette vaillante communauté de pêcheurs a perdu son moral et ses valeurs, la tragédie est imprimée dans leurs têtes, la peur les empêche de retourner vers la mer. Le temps sera long avant de retrouver l’activité habituelle des plages, le jeu des enfants, les femmes qui attendent la pêche, les commerçants etc. La mort a marqué chaque famille. Aucun soutien psychologique ne leur est apporté. Les problèmes de santé Immédiatement après le tsunami, les gens ont été soignés, mais quelques semaines après, ils doivent aller dans des cliniques privées et pour payer les soins ils doivent emprunter. Les abris temporaires manquent de toutes les commodités, aucune règle d’hygiène n’est respectée, c’est la porte ouverte à toutes les maladies contagieuses, l’eau stagnante autour des huttes attire les moustiques. Ces abris en matériau synthétique ne protègent ni du froid ni de la chaleur. Il n’y a pas d’eau potable, pour en avoir il faut payer. Les toilettes ne peuvent être utilisées faute d’eau suffisante. Aucun village n’est proche d’un dispensaire sauf ceux près des villes côtières. Des agents de santé des ONG font une visite une fois par semaine dans 60% des villages. Les attitudes suicidaires sont fréquentes chez les femmes âgées et les veuves non respectées et considérées comme des démons.

- Capital « Nature »

Le tsunami a détruit tous les arbres sur un rayon de 200 m et toutes les plantes sur un rayon de 1000 m. La terre est devenue saline. Les vagues ont emporté les bancs de sable. De grandes surfaces sont recouvertes du sable déposé par le tsunami. La pénétration de l’eau de mer dans les terres a causé la mort des micro-organismes et la perte de tout un cycle de vie. Les pâturages ont été inondés. Or les prés et les arbres constituaient une barrière naturelle contre les vagues.

- Les effets dans l’agriculture

Perte de la fertilité des sols, manque de récolte par manque de moissons, eau devenue salée…. Les pâturages perdus, les chèvres et les vaches n’ont plus de quoi se nourrir. Ce bétail joue un rôle important : la terre est labourée avec les bœufs, les excréments servent de combustible, le lait complète la nourriture. Perte du cheptel : les vagues ont tué chèvres, bœufs, vaches sans compter les maladies contractées par les animaux qui ont mangé l’herbe après le tsunami.

EXEMPLES DE PROGRAMMES DE RÉHABILITATION mis en place par la « Fisheries Development Corporation » du Tamil Nadu :
- Apprentissage au bateau à moteur, à la navigation
- Subsides pour l’achat d’embarcations
- Caisse d’épargne pour les pêcheurs et pour les femmes
- Constructions de maisons gratuites, de marchés de poissons, de ports
- Distribution d’équipement de sauvetage aux pêcheurs, de subsides pour les cérémonies d’enterrement
- Assistance aux pêcheurs bloqués dans d’autres pays…. Maintenant les colis de secours passent par les coopératives de pêcheurs pour éviter conflits et corruption.

Autre exemple de ce que le Tsunami révèle comme difficulté chez les femmes

Les femmes ont perdu leur activité économique, les jeunes filles ont été mariées, les décès des femmes représentent 75% des morts. Pourquoi ? Les femmes sont esclaves de leur naissance à leur mort. Esclaves de leurs parents quand elles sont enfants, esclaves de leur mari une fois mariées, esclaves de leur fils aîné quand elles sont âgées. Les femmes et les filles de pêcheurs n’ont pas le droit de se baigner et de nager. Quand le tsunami est arrivé, elles ont été prises de panique. Les hommes habitués à vivre avec l’eau ont eu le réflexe d’attraper des branches, de monter aux arbres etc. Les femmes, elles, n’ont pas pu s’en tirer. Il est donc nécessaire de leur apprendre à nager. Cela va être difficile de faire admettre cela dans les villages.

Exemples de recommandations pour le gouvernement et les ONG

95% des femmes n’ont pas accès à l’éducation. Dans les recommandations une large place est faite pour encourager l’éducation des filles, la représentation des femmes dans les panchayats, une éducation pour tous dès le primaire sur les conduites à tenir lors d’une catastrophe. Présenter aux jeunes gens d’autres alternatives de travail que la pêche tels que : mécanicien, chauffeur, technologie marine, tous les commerces qui tournent autour de la pêche… Apprendre l’informatique aux jeunes filles et garçons, pour qu’ils sachent lire le cours des marchés afin d’éviter les intermédiaires, se procurer un travail sûr dans l’Asie du Sud-Est etc. Augmenter les centres pour recevoir les orphelins ou les enfants dont la mère est morte. Trouver les moyens d’aider les pêcheurs qui ne peuvent pas prouver officiellement la perte de leurs bateaux et de leurs filets en organisant des coopératives par exemple. Ceci n’est qu’un court extrait d’un document beaucoup plus long qui est un état des lieux réalisés vers la fin du printemps 2005. Cette étude ne porte pas sur les actions de reconstruction. Beaucoup de choses ont été faites depuis.

Visite de Flora et Francisco en France

A l’initiative de plusieurs associations de solidarité internationale de la région d’Angers et du Mans (dont la nôtre), toutes partenaires de la CODER à Cinco-Pinos (Nicaragua), Flora et Francisco sont venus passer une quinzaine de jours en France.
Nous rencontrer, nous connaître, échanger et échanger encore malgré la barrière parfois de la langue, découvrir, parler sans relâche du Nicaragua et de la Coder !
Les moments passés ensemble ont pour tous été ô combien riches et chaleureux.
En voici un petit florilège.

Le séjour de nos 2 amis avec l’association Demains a débuté le mardi 27 septembre en Vendée sous un beau soleil ! 2 temps forts essentiellement :
- La matinée au collège Sainte-Marie d’Aizenay, très impliqué depuis quelques années dans les échanges avec les jeunes de Cinco-Pinos. Les élèves de 3ème attendaient Flora et Francisco avec impatience et force questions sur le Nicaragua et la vie des jeunes de là-bas ; Francisco s’est pour la circonstance improvisé professeur, la craie et le tableau noir n’ayant aucun secret pour lui ! Flora, un peu plus en retrait et sans doute fatiguée, leur a surtout parlé de l’école et des activités des jeunes. Tous les échanges ont eu lieu en espagnol et Dominique Mornet, leur professeur, n’est que très rarement intervenu en français !
- L’après-midi à la bibliothèque du Poiré-sur-Vie ; à cette occasion il faut insister sur le rôle essentiel joué à Cinco-Pinos par la bibliothèque créée par la Coder, sans aucune subvention municipale. 20 à 25 bénévoles viennent à tour de rôle aider Yasmina, permanente à temps complet et salariée, pour le prêt et la consultation de 1000 à 1500 livres + revues. C’est, comme toujours quand il s’agit de la Coder, tout un travail d’équipe qui est mené pour que la lecture se développe, y compris chez les adultes, même si traditionnellement cela ne fait pas partie des habitudes des villageois nicaraguayens. Auprès des jeunes, cette bibliothèque a une dimension qui dépasse celle de la lecture : ils y viennent avec l’école, peuvent y rester faire leurs devoirs au calme, avec de la documentation, et Yasmina a créé une « bibliothèque mobile » qui se rend 3 fois par mois dans les classes. Enfin très important, des jeunes se sont regroupés en 2003 pour créer un club au nom magnifique de « Lire pour grandir » ; parmi ses nombreuses activités en plus de la lecture, on trouve du théâtre que l’on qualifierait de « social » : lors de spectacles, les jeunes présentent sous formes de sketches leurs problèmes et ceux de la population, en proposant toujours des solutions. Cela les amène à une véritable réflexion qu’ils continuent ensuite chacun de leur côté avec d’autres jeunes ne fréquentant pas le club ou la bibliothèque. Viennent aussi de la danse, des travaux manuels et la réalisation d’un petit journal que Flora et Francisco ont promis de nous envoyer !

Dans la région angevine ensuite, le programme a été bien rempli et très riche en échanges :
- Le jeudi 29/09/05, visite de l’ITEPMAI (institut de plantes médicinales et aromatiques) à Chemillé. Présentation des activités de l’institut en salle puis visite des locaux (centre de documentation, laboratoires, salle de séchage et de préparation des plantes, terrains de culture). Flora et Francisco ont été intéressés mais conscients du décalage existant avec leur situation. Quelques discussions sur les usages des plantes, mais les espèces ne sont pas les mêmes à quelques exceptions près.
- Le vendredi 30, visite du jardin de la fac de pharmacie d’Angers puis rendez-vous avec l’AFDI (Agriculteurs Français pour le Développement International). Accueil par Bertrand Métayer, permanent régional, avec Louis-Marie Rivière et André Chabot, président de CASI 49. Les échanges furent très intéressants, surtout par le fait que les approches africaines et latino-américaines de l’aide au développement sont très différentes. Le soir, rendez-vous à l’école St Pierre où nous accueille son directeur Jean-Jacques Bérel. Présentation des actions et des projets CODER à partir d’un CD Rom, suivie d’informations et de questions. Ensuite, un buffet en commun avec les apports de chacun, et soirée musicale traditionnelle avec un groupe de musique folklorique. Nos amis nicaraguayens ont accepté, visiblement ravis, de participer aux danses. Ce fut une soirée très festive.
- Le samedi 1/10, présentation de la CODER à l’École Saint Pierre : les questions d’enfants si jeunes ont frappé Flora et Francisco par leur profondeur. Une visite-parenthèse a été rendue à la famille de Chantal Gourdon, à Toutlemonde ; c’est très important a dit Flora car « c’est la terre qui garde votre cordon ombilical ». Pendant la visite d’un élevage de chèvres, Francisco a eu la joie d’aider une chèvre à mettre bas deux petits chevraux ! Puis la soirée a été passée avec l’association Bécon Solidarité.
- Le dimanche 2/10 matin, réunion de travail DEMAINS & CODER à propos des nouveaux projets à soutenir, en présence d’une dizaine de membres de DEMAINS. -Le lundi 3/10, visite d’une exploitation maraîchère Biologique. Francisco a été ravi de voir tous ces légumes et a ramassé plein de graines à tester au Nicaragua. Ensuite, visite du marché de Doué la Fontaine où nous avons vu les étals de légumes produits à la ferme.


Flora et Francisco à Paris, Ils sont venus de si loin !

Arrivés tôt un certain mardi matin d’octobre pour 2 jours à la Capitale avant de regagner Cinco Pinos. Leur périple français déjà riche se poursuit dans la découverte cette fois de l’hébergement en hauteur et la crainte qui s’y rattache, du moins pour Francisco. Crainte sans nul doute en relation avec les forces de la nature, hélas destructrices parfois. En quelque 20 minutes les voici transportés de Montparnasse au 7 ème étage du 36 rue Eugène Oudiné. Après être descendus auparavant au sous-sol du parking. Flora est calme et le restera, du moins les apparences le font penser. Quant à Francisco si la parole n’est pas abondante, langue oblige, son regard et son visage traduisent une réelle inquiétude. Qu’arrive-t-il au septième étage d’une tour en cas de tremblement de terre ? Il faut dire qu’au Nicaragua, les tremblements de terre sont presque aussi fréquents qu’au Japon.

Premier jour, accompagnés de Françoise, Louis Marie et Michel, munis de tickets de transport pour la journée, peu utilisables, grève des transports, ils partent courageusement affronter les rues parisiennes en direction de Notre Dame et le Sacré Cœur, après une restauration dans une crêperie du quartier latin. La soirée se termine dans un restaurant indien où se retrouvent une dizaine d’amis. Indien pourquoi pas ? Le Nica, l’Inde, le France c’est DEMAINS. Anniversaire de Francisco, le personnel du restau. (à la vitesse indienne) prépare une surprise. Un peu épicé pour nos hôtes, mais ils font preuve de courage. Nuit bien méritée, dilemme, ferme-t-on ou pas les persiennes ? Francisco hésite, la crainte toujours ! Matelas dans un coin du salon, enfoui dans son duvet, il semble avoir bien dormi.

Puis ce fut le deuxième jour, direction Tour Eiffel, après un substantif repas, une autre surprise. Nous les conduisons en bord de Seine pour un tour en bateaux parisiens. Pas plus rassurant que la hauteur. L’un et l’autre observent avec un intérêt réel, s’exprimant peu mais très positivement impressionnés par la beauté des monuments. Nous ne tarderons pas à rejoindre le home, la nuit sera courte et le voyage du lendemain long. Habitués sans doute aux repas frugaux, Flora se contente d’un fruit pour le dîner. Après quelque hésitation, Francisco se met à l’œuvre et l’appétit est bon.

Une anecdote qui marquera ce passage, pas question de sortir sur le balcon, quel danger guette ? Puis le dernier soir pendant que je prépare le dîner, stupeur, par la fenêtre de la cuisine j’aperçois Francisco sur le balcon, hésitant mais présent. Du coup la peur me gagne, que fait-il ? Que va-t-il faire ? Discrètement j’observe. Cela ne dure que quelques minutes mais se renouvelle peu après pour tout à coup entendre Francisco moduler un chant tout en regardant le paysage des toits et immeubles parisiens. Qu’y a-t-il derrière ce chant ?

Décollage le lendemain à 7 h 45 à Orly, RV deux heures plus tôt, à cette heure il faut 10 minutes pour rejoindre l’aéroport mais nos hôtes veulent prendre de la marge, pas question de manquer l’avion. Francisco souhaite se réveiller à 4 h. Afin de leur permettre une nuit correcte j’insiste pour leur assurer le réveil à leur gré. Flora aura déjà ouvert l’œil avant le réveil alors que Francisco sort d’une autre planète avec un peu de difficulté. Comme prévu nous voilà prêts bien avant l’heure, qu’importe prenons le chemin de l’aéroport. Le comptoir d’enregistrement est déjà ouvert, tout juste 5 h 15, personne en attente, alors nous enregistrons les bagages et attendons patiemment Dominique et Françoise Lévesque qui ne tardent pas à nous rejoindre. Après quelques effusions et remerciements réciproques, nos amis sont impatients de franchir la frontière, pas tant sans doute pour nous quitter que d’assurer le départ. Nous respectons leur souhait. Comme en pareille circonstance, à travers les « frontières » nos mains s’agitent en témoignage du dernier AU REVOIR.

Les trois accompagnateurs se retrouvent autour d’un café pour d’ultimes échanges d’impression, comme un peu « orphelins » après la richesse de ces trois jours partagés, mais convaincus aussi que dans les mémoires resteront ces moments privilégiés marqués par peu de paroles mais beaucoup d’émotion. La discrétion de nos amis marquera leur passage, observation, marque d’intérêt, regard attentif jamais empreint de désir matériel futile. MERCI à nos amis Arlette Monjarret


Enfin, voici une lettre de Francisco, reçue par Chantal Gourdon début novembre.

Bonjour Chantal, j’espère que vous et tous les vôtres êtes en bonne santé, et que vous vous reposez peut-être un peu. Je veux vous demander, à vous et à tous par là-bas de nous excuser parce que je crois que vous devez vous demander ce qui arrive à Flora et Francisco qui n’ont pas pu envoyer de leurs nouvelles. J’ai eu des problèmes avec mon courrier pour communiquer, mais je suis bien conscient que cela n’est pas une justification, excusez-moi, j’essaierai de rester toujours en contact.

Le voyage a été véritablement une très bonne expérience, enrichissante et qui nous a fait réfléchir, car nous avons eu la chance de voir comment se passe en grande partie le processus que vous mettez en place pour recueillir les fonds qui au prix de grands efforts arrivent jusqu’à notre cher Cinco Pinos. Je veux vous dire que cette réflexion, nous l’avons transmise au sein de l’équipe de direction qui a réfléchi avec nous et qui a aussi reconnu tous ces efforts pour encourager ce lien de solidarité et contribuer au développement de nos communautés. Chantal, à vous et à vos amis, merci de maintenir vivant ce geste de fraternité et de solidarité entre les peuples. Aujourd’hui, plus que jamais, je me rends compte que la distance ne constitue pas une barrière entre les peuples du monde. Il y a toujours beaucoup de travail à CODER. Nous avons fait toutes les observations concernant les dossiers et nous avons aussi signalé la nécessité d’être plus vigilants pour ce qui est de la réponse aux courriers. Les observations ont été accueillies positivement. Vous avez le bonjour de Flora, de mon épouse, de ma fille, et de moi-même qui vous aime beaucoup et me souviens de vous. Le bonjour de tous les membres de CODER. S’il vous plaît, saluez de ma part toutes ces familles avec qui nous avons partagé repas et expériences, toutes sont importantes pour nous. A bientôt. Francisco Palma M

Ècrivez-moi, je vais surveiller mon courrier !


Notre association en 2005

Tout d’abord une mobilisation très importante de tous les membres et leurs amis suite au terrible Tsunami a permis de récolter 12 000 euros !

Des initiatives ont fleuri, notamment :
L’Ecole de Ski Français de Combloux a décidé de rétrocéder une partie des bénéfices réalisés lors de la vente d’insignes aux enfants ayant atteint certains niveaux de ski ; habituellement ce bénéfice est gardé pour la caisse de secours des moniteurs. La somme de 3981 euros a ainsi été versée à Demains.

Le dimanche 20 février un spectacle était donné par le Club des P’tits Loups de Cressat (49) avec une adaptation théâtrale du conte de Grimm « le roi grenouille » suivie d'une prestation du groupe folklorique « Jean do Bouex » ; grâce à la générosité de chacun et  à celle des sponsors l'après -midi a rapporté 500 euros, au profit de Demains et plus spécialement de l’après-Tsunami.

Dans le même temps un dossier très bien documenté avait été déposé en Mairie d’Auvers-sur-Oise en vue d’une aide particulière pour la reconstruction après le tsunami ; ce dossier ayant ensuite été transmis à la Fondation de France, c’est finalement une subvention de 7000 euros qui a été obtenue, avec 8000 euros supplémentaires de prévus les 2 années à venir.

Un grand merci encore à tous nos donateurs,
tous sans exception !


Malheureusement le début de l’année 2005 a vu le décès de Sœur Christiane que nous étions nombreux à connaître et admirer pour son action au Sri-Lanka auprès des enfants les plus démunis.

A la suite d’un violent cyclone en Andra Pradesh (presque en même temps que le cyclone Katrina, mais dont les médias ont beaucoup moins parlé !), notre partenaire de LITDS, Peter Daniel, nous lançait un appel au secours. Comme des fonds étaient disponibles dans les caisses de Demains et qu’aucun projet n’était vraiment finalisé avec la CODER, nous avons décidé d’aider LITDS à hauteur de 7000 euros.

Le 4 février un diaporama a rassemblé à Angers 120 personnes autour de
"L'odyssée africaine"
de Paule et Arthur, 14 mois de vélo en Afrique.

Le bénéfice de la manifestation a été de 900 euros, au profit de notre projet auprès des tribus indiennes de Katukapalli en Inde (achat de buffles).
L’équipe angevine à nouveau, organisait le dimanche 22 mai une soirée Contes, par

Les conteurs de la Jabotée

32 personnes ont pu apprécier l’humour et la gravité parfois de ces conteurs fort sympathiques !
Un bénéfice de 165 euros a été réalisé.

2 dates à retenir en 2006

Notre Assemblée Générale 2006 aura lieu le samedi 1er avril
(et ça n’est pas une blague...) près d’Auvers-sur-Oise dans une belle région située à une quarantaine de km au nord de Paris.
Un gîte nous est réservé du samedi 15h au dimanche 15h, avec goûter campagnard, dîner, petit déjeuner et déjeuner.
Prix : 25 euros par personne, à répartir éventuellement selon les possibilités de chacun.

Réservez tout votre week-end !
 
L’équipe angevine nous propose une soirée théâtrale le vendredi 27 janvier à 20h30 à la Maison Pour Tous Monplaisir d’Angers.
C'est à nouveau la troupe LEO BELUTJUS qui donnera cette représentation et
va nous offrir sa pièce intitulée
« CONSPIRATOR ».
Le but est de soutenir la solidarité avec le village de Cinco Pinos, au Nicaragua pour le développement rural (au travers de leur association CODER) tout en nous procurant un peu de détente !!
Si vous désirez des billets, faites signe à Jean-Pierre Rossignol

02 41 77 19 89 ou jpcrossignol@wanadoo.fr|

Et pour terminer, une idée de lecture, un très beau roman, facile à lire et prenant, de P. A. Toer : La fille du rivage. C’est l’histoire romancée de la grand-mère de l’auteur, fille d’un village de pêcheurs (musulmans) de l’île de Java, et sans doute pas très différent des villages de pêcheurs tamouls.

Documents joints